Série québécoise qui captive dès le premier épisode
Vitrerie Joyal sur Amazon Prime Video s'est révélée être l'une des meilleures séries de l'année, même si personne ne s'y attendait.
Il y a des séries qu'on attend avec impatience, et d'autres qu'on aborde avec scepticisme avant de se retrouver complètement accro. Le projet québécois Vitrerie Joyal, sorti sur Amazon Prime Video, appartient clairement à la deuxième catégorie. Peu de gens s'attendaient à être happés par une série locale du Québec. Et pourtant, c'est exactement ce qui se passe.
Pour ceux qui vivent à Montréal ou en banlieue, cette histoire a quelque chose de particulièrement personnel. L'action se déroule tout près, à Laval, au milieu des années 1990. Laval, c'est la troisième ville en importance au Québec après Montréal et la ville de Québec. Elle occupe l'île Jésus, au nord de Montréal, et comptait environ 438 000 habitants selon le recensement de 2021. Pour beaucoup de nouveaux arrivants, Laval reste encore aujourd'hui un choix typique pour un premier logement au Canada : des rues tranquilles, des maisons unifamiliales, des centres commerciaux le long des autoroutes et de nombreuses petites entreprises familiales, tout comme celle dont parle la série.
De quoi ça parle
Au cœur de l'histoire, on trouve André Joyal, un entrepreneur qui a consacré de nombreuses années à développer sa propre compagnie de vitrage. Le business, les employés, les ventes, la famille, ses deux fils et la question de savoir quoi faire quand le monde autour de lui commence à changer très vite.
André a fondé son atelier dans les années 1970 en espérant le transmettre un jour à ses fils. Mais au milieu des années 1990, les ventes chutent, un ami de longue date et principal client part chez un autre fournisseur, et sa femme Diane, après des années passées à la maison, veut retourner travailler. C'est de tout ça que naît l'histoire.
La série a été imaginée par le comédien et acteur québécois Martin Matte, qui en tient également le rôle principal. Le scénario a été écrit avec François Avard, et c'est Guillaume Lonergan qui a réalisé le projet. L'histoire s'inspire librement de faits réels tirés de la vie de Matte lui-même, et ça se sent vraiment : il y a trop de détails du quotidien trop précis pour avoir été inventés derrière un bureau.
Pourquoi ça accroche autant
Le scepticisme du départ est tout à fait compréhensible. Ce n'est pas Hollywood, c'est une série québécoise locale en français. Et pourtant, on est pris dès le premier épisode.
D'ailleurs, il est assez difficile de la ranger dans une seule case. Au début, on a l'impression de regarder une comédie sur une entreprise familiale et un entrepreneur un peu excentrique. L'humour est bien présent, parfois assez grivois et franchement pas très politically correct selon les standards d'aujourd'hui.
Mais peu à peu, l'histoire prend une tout autre direction.
L'université de Windsor a ouvert une nouvelle...
Conférence gratuite sur la vie et le travail ...
Les centres de visas du Canada en Russie ont ...
Le nombre de personnes souhaitant rejoindre l...
La Chine propose au Canada une production con...
Trump a privé le Canada de sa place au presti...
Les Canadiens se sont ralliés autour du premi...
Un froid arctique s'est abattu sur le Canada ...
Trump s'en est pris à Carney après son discou...
Les entreprises canadiennes prévoient une aug...
L'or bat des records et continue de croître m...
Le Premier ministre Carney achève une tournée...
Un des grands plaisirs de la série, c'est de voir les personnages se débrouiller dans des situations inattendues. Il y a beaucoup de business, de ventes, de négociations, de conflits familiaux, de trahisons et une relation vraiment particulière entre le patron et ses employés.
Le monde d'avant Internet
La série montre aussi très bien la rupture entre l'ancien monde et des technologies qui nous semblent aujourd'hui parfaitement banales.
Par exemple, avez-vous déjà pensé à comment les gens payaient par carte de crédit avant Internet ? Le vendeur passait la carte dans une presse mécanique, obtenait une empreinte sur un formulaire papier avec du carbone, et pour les grosses sommes, appelait la banque par téléphone pour obtenir une autorisation. Et comment fonctionnait un bureau sans courriel, sans logiciel de gestion de clients, sans téléphone intelligent ni moteur de recherche ? Téléphone à fil, télécopieur, classeurs en papier, Pages Jaunes et visite en personne chez le client à la place d'un simple message.
Le milieu des années 1990 semble une époque relativement récente. Mais en regardant la série, on réalise soudainement à quel point la vie ordinaire a changé en 30 ans.
Le Québec comme personnage à part entière
Le Québec lui-même est un vrai plaisir à regarder. La façon de parler, le français québécois, l'humour local, les rues, les maisons, les bureaux, les voitures : l'atmosphère est incroyablement reconnaissable. C'est sans doute pour ça que ceux qui ont vécu ou vivent encore au Québec trouveront la série particulièrement savoureuse.
En toile de fond, on retrouve aussi des événements réels de l'époque. Le milieu des années 1990 au Québec, c'est le référendum de 1995 sur la souveraineté, les débats sur la place de la langue française, le retour des femmes sur le marché du travail après de longues années à la maison, des syndicats puissants, une politique municipale faite d'ententes en coulisses et la cigarette absolument partout, y compris dans les bureaux. Pour ceux qui envisagent de s'installer au Québec, c'est une belle façon de comprendre d'où viennent bien des particularités de la province aujourd'hui.
L'essentiel de la série, c'est autre chose
Raconter l'intrigue en détail serait dommage, parce qu'on perdrait une bonne partie du plaisir. Disons simplement qu'à un certain moment, l'histoire prend une direction que personne n'anticipait après les premiers épisodes.
Et la fin, vraiment, personne ne la voit venir.
À un moment donné, on se surprend à réaliser que cette série, qui semblait parler d'un entrepreneur et de son entreprise familiale, ne parle en fait pas du tout de ça.
Et c'est seulement pendant le générique de fin qu'on comprend vraiment pourquoi cette histoire a été racontée. Après ça, beaucoup de scènes des épisodes précédents prennent un tout autre sens.
Bref, on recommande vraiment chaudement.
Où regarder
La série s'appelle Vitrerie Joyal, traduite en anglais sous le titre The Glass House. Elle est sortie le 1er mai 2026 sur Amazon Prime Video, avec les 6 épisodes disponibles en une seule fois. Chaque épisode dure environ 34 minutes, ce qui fait un total d'à peu près 3h30 pour toute la série.
C'est la première série originale de fiction tournée au Québec pour Prime Video. Le tournage s'est entièrement déroulé à Montréal, avec plus de 150 professionnels québécois du cinéma et de la télévision. La première mondiale a eu lieu en mars 2026, en clôture du festival Séries Mania à Lille, en France.
La langue originale est le français québécois, donc ceux qui commencent à l'apprendre devraient activer les sous-titres dès le départ. D'ailleurs, pour apprendre la langue, ce genre de série peut être plus utile qu'un manuel : le vocabulaire familier, le rythme de la parole et les expressions locales sont authentiques, pas adaptés pour les étrangers.
Un dernier conseil : évitez de lire des résumés détaillés de l'intrigue avant de commencer, et ne consultez pas les listes d'épisodes dans les encyclopédies ou les guides TV, ils révèlent l'histoire jusqu'à la toute fin. Dans ce cas précis, mieux vaut simplement lancer le premier épisode et se laisser emporter.
Si le Québec vous intéresse au-delà de l'écran
La série montre bien ce qui distingue le Québec du reste du Canada : la langue, la culture des affaires, le rapport à la famille et au travail. Mais les règles pour s'y installer sont tout aussi différentes des règles canadiennes générales. Le Québec possède son propre système de sélection des immigrants, ses propres exigences en matière de connaissance du français et des programmes distincts pour les travailleurs salariés, les entrepreneurs et les diplômés des établissements d'enseignement locaux, et l'étape fédérale du processus ne commence qu'après la sélection provinciale.