Évaluation gratuite des chances
Évaluation gratuite des chances

Le Canada et l'Inde se sont réconciliés : qu'est-ce qui va changer pour les immigrants

Le Canada et l

Après un scandale diplomatique retentissant, le Canada a signé des accords avec l'Inde pour 5,5 milliards de dollars et a lancé un nouveau corridor d'immigration.

Le Canada a signé avec l'Inde des accords d'une valeur de 5 500 000 000 CAD. Pour la première fois en huit ans, le Premier ministre canadien s'est rendu à New Delhi. Et ce, après un scandale diplomatique, l'expulsion de diplomates et une quasi-rupture totale des relations. Pourquoi Mark Carney s'est-il rendu chez Narendra Modi et comment cela va-t-il affecter l'immigration au Canada ?

Pourquoi Carney parcourt le monde

Le Canada change rapidement, tout comme le reste du monde. Il n'existe plus de pays parfaits où vivre, il faut faire des compromis. Les amis d'hier deviennent des ennemis et inversement.

Donald Trump a imposé des tarifs records sur les produits canadiens — jusqu'à 50 % sur l'acier et l'aluminium. Il a publiquement appelé le Premier ministre du Canada « gouverneur », a publié une carte où le Canada est colorié aux couleurs du drapeau américain, et a déclaré que le Canada deviendrait le cinquante et unième État.

Les exportations canadiennes vers les États-Unis ont chuté d'un quart. Des dizaines de milliers d'emplois ont été perdus. Les États-Unis représentent 76 % de toutes les exportations canadiennes. Pratiquement tout.

Mark Carney a déclaré lors du Forum économique mondial de Davos que si le principal partenaire commercial utilise les liens économiques comme une arme, il faut trouver d'autres partenaires. Et vite.

D'abord, Carney s'est rendu à Pékin. En janvier 2026, un accord commercial a été signé avec la Chine — les droits de douane sur les voitures électriques chinoises sont passés de 100 % à 6,1 %, avec un volume d'importation annuel limité à 49 000 véhicules. Cette décision change déjà le marché : le Canada s'attend à voir arriver des voitures électriques chinoises abordables à moins de 35 000 CAD.

Et maintenant, l'Inde. La troisième économie mondiale. Un milliard et demi de personnes. Un marché énorme pour les ressources canadiennes. Et d'ailleurs, la plus grande source d'immigrants pour le Canada.

La visite de Carney en Inde : ce qui s'est passé

Du 27 février au 2 mars 2026, Mark Carney a effectué une visite officielle en Inde. C'est la première visite d'un Premier ministre canadien dans ce pays depuis huit ans — la précédente visite bilatérale a eu lieu en 2018. Carney n'est pas venu seul : il était accompagné de ministres principaux, de dirigeants provinciaux et de PDG des plus grandes entreprises canadiennes. Ce n'est pas une visite de courtoisie, mais une véritable mission d'affaires.

Quelques semaines avant la visite de Carney, une délégation de plus de vingt recteurs d'universités canadiennes s'était déjà rendue en Inde — la plus grande délégation académique de l'histoire des relations canado-indiennes. Cela montre l'ampleur : le corridor éducatif se reconstruit de manière structurée.

Résultat de la visite : dix accords commerciaux signés pour un montant de plus de 5 500 000 000 CAD. Cinq protocoles d'accord conclus — dans les domaines de l'énergie, des minéraux critiques, de l'énergie propre, de l'intelligence artificielle et de la culture. Plus vingt-quatre accords éducatifs.

Modi a déclaré lors de la conférence de presse conjointe que les relations ont progressé d'une « année-lumière » au cours de la dernière année. Carney lui-même a dit qu'en un an, les échanges entre les deux pays ont été plus importants qu'au cours des deux décennies précédentes.

Le scandale qui semblait irréparable

Pour comprendre à quel point ce revirement est incroyable, il faut se rappeler l'histoire.

En septembre 2023, une crise diplomatique a éclaté. Justin Trudeau a publiquement accusé l'Inde d'être impliquée dans l'assassinat de l'activiste sikh Hardeep Singh Nijjar sur le territoire canadien. L'Inde a catégoriquement nié toute implication. Les deux parties ont expulsé des diplomates. Les relations se sont effondrées.

Les étudiants indiens ont commencé à massivement renoncer au Canada. Le nombre de demandes de visas d'études en provenance d'Inde a chuté de 40 %.

En octobre 2024, nouveau rebondissement. Les deux pays ont à nouveau expulsé six diplomates chacun. La situation semblait dans l'impasse.

Et voilà que trois ans après le début de la crise, Carney se rend à New Delhi et signe des accords valant des milliards de dollars. Pourquoi un tel revirement ? La réponse est assez simple : Donald Trump. Les tarifs, les menaces, la pression. Le Canada cherche des partenaires alternatifs, et l'Inde est le candidat idéal.

L'accord principal : l'uranium de la Saskatchewan

Le plus gros accord de la visite est le contrat de la compagnie Cameco de Saskatchewan pour la livraison d'uranium à l'Inde. Le montant du contrat s'élève à 2 600 000 000 CAD. Il s'agit d'environ 22 millions de livres d'uranium de 2027 à 2035, destinées à soutenir le programme indien d'énergie nucléaire civile.

Le Premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a déclaré que cet accord profitera à l'économie de la province et créera des emplois dans le nord de la Saskatchewan. C'est un signal important pour ceux qui envisagent d'immigrer : l'exploitation minière, l'énergie nucléaire, l'ingénierie — cette province connaîtra une croissance de l'emploi. Oui, il y fait froid, mais l'immobilier est nettement moins cher qu'à Toronto et Vancouver, et il y aura des emplois.

Mais l'accord sur l'uranium n'est qu'un début.

Accord commercial global

Les dirigeants ont annoncé le lancement de négociations pour un Accord de partenariat économique global (CEPA). L'objectif est de conclure les négociations d'ici la fin 2026 et de doubler les échanges commerciaux bilatéraux pour atteindre 70 000 000 000 CAD d'ici 2030. Le volume actuel est d'environ 31 000 000 000 CAD. Doubler en quatre ans est un objectif ambitieux.

Pourquoi est-ce important pour l'immigration ? Les accords commerciaux incluent souvent des dispositions sur la mobilité des spécialistes — similaires à celles de l'accord du Canada avec les États-Unis et le Mexique. Si des dispositions sur la mobilité sont intégrées à l'accord, cela pourrait élargir les catégories de permis de travail exemptés de la procédure d'évaluation du marché du travail (EIMT). Il faut comprendre que ces avantages s'appliqueront aux citoyens indiens, et non aux citoyens des pays de la CEI.

Le Haut-commissaire de l'Inde au Canada, Dinesh Patnaik, a déclaré que le modèle sera le récent accord commercial de l'Inde avec l'Union européenne — l'un des plus importants de l'histoire. Selon lui, les deux parties sont déterminées à conclure rapidement les négociations.

L'éducation et les talents — ce qui concerne directement l'immigration

L'Université de Toronto a annoncé l'allocation de 25 000 000 CAD en bourses pour plus de 220 étudiants indiens. Plus 300 postes de recherche rémunérés. La présidente de l'université, Meric Gertler, a précisé que depuis 2020, l'université a déjà accordé des bourses à plus de 700 étudiants indiens pour un montant total de 63 000 000 CAD. Et ce n'est qu'une seule université.

Au total, treize nouveaux partenariats ont été signés entre des universités canadiennes et indiennes. Parmi les universités canadiennes figurent l'Université de Toronto, McGill, l'Université de la Colombie-Britannique, l'Université Simon Fraser, Dalhousie et d'autres. Ce sont les meilleures universités du Canada.

L'ouverture de trois campus d'apprentissage hybrides en Inde présente un intérêt particulier. Un centre d'intelligence artificielle de l'Université de Toronto en partenariat avec l'Institut indien des sciences. Un centre similaire de McGill. Et un campus innovant de Dalhousie avec des écoles techniques indiennes. En fait, l'éducation canadienne arrive en Inde.

Un accord a également été signé entre l'organisation indienne AICTE et l'organisation canadienne MITACS pour le programme de stages de recherche Globalink. Chaque année, environ 300 étudiants indiens de premier cycle viendront effectuer des stages de recherche dans les universités canadiennes. Beaucoup d'entre eux s'inscriront ensuite en maîtrise, obtiendront un permis de travail post-diplôme et demanderont la résidence permanente. C'est un pipeline — structuré, organisé, soutenu par les gouvernements des deux pays.

Il y a aussi du mouvement dans l'autre sens. Plus de 85 doctorants et chercheurs canadiens de onze universités se rendront en Inde dans le cadre d'un programme de bourses. Les domaines concernés sont l'hydrogène propre, l'intelligence artificielle et la résilience climatique. De plus, des programmes de doubles diplômes et des programmes d'études conjoints ont été annoncés.

Une Stratégie conjointe sur les talents et l'innovation a également été annoncée — une mobilité structurée des talents entre les deux pays.

Ce que cela signifie pour les candidats russophones

L'Inde est le plus grand pays source d'immigrants pour le Canada, et ce bien avant les accords récemment signés. En 2024, le Canada a accueilli près de 150 000 nouveaux résidents permanents en provenance d'Inde — quatre fois plus qu'il y a dix ans. À titre de comparaison : les Philippines, qui occupent la deuxième place, en ont fourni trois fois moins. La Chine — encore moins. Au cours du premier semestre 2025, environ 60 000 nouveaux résidents permanents sont arrivés d'Inde — plus que de tous les autres pays du top 5 réunis.

La communauté indo-canadienne compte près de deux millions de personnes. Les citoyens indiens détiennent environ la moitié des quelque 927 000 permis de travail qui expirent en 2026.

Et tout cela sans aucun partenariat spécial — simplement par le biais des programmes d'immigration ordinaires. Maintenant, imaginez ce qui se passera après la signature de l'Accord de commerce global.

Le problème de la fraude — pourquoi les règles ont été durcies

Il faut aussi parler du revers de la médaille. Un tel afflux massif a créé de sérieux problèmes de fraude.

En 2024, les services d'immigration du Canada ont vérifié un demi-million de lettres d'admission d'établissements d'enseignement. Plus de 10 000 documents falsifiés ont été détectés. Selon les enquêtes, environ 80 % des faux documents concernaient des étudiants de deux États indiens — le Gujarat et le Pendjab. Des consultants non agréés en Inde vendaient de fausses lettres d'admission d'universités canadiennes. Les gens payaient des sommes énormes, obtenaient des visas, arrivaient au Canada — et découvraient ensuite que leurs documents étaient faux. Certains risquaient la déportation.

Le Canada a réagi fermement. Une vérification obligatoire des lettres d'admission via un portail en ligne a été mise en place. Le contrôle des documents a été renforcé. Le taux de refus des visas étudiants pour les candidats indiens a grimpé à 74 %.

C'est précisément pour cette raison que les nouvelles restrictions sur l'admission des étudiants étrangers visent avant tout à lutter contre ces abus, et non contre les étudiants de bonne foi.

Et qu'en est-il de nos étudiants ?

Voici de bonnes nouvelles pour les candidats russophones. Les universités canadiennes sont intéressées par la diversification. Quand un seul pays domine à ce point — c'est un risque. Le scandale diplomatique avec l'Inde l'a clairement démontré : le flux d'étudiants a chuté de 40 %, et les universités ont perdu des millions.

C'est pourquoi les universités canadiennes accueillent volontiers des étudiants des pays de la CEI. D'après notre expérience, les visas pour les étudiants de nos pays sont approuvés. Nous le constatons avec nos clients. De plus, de nombreuses universités offrent des bourses pour les étudiants étrangers — qui sont d'ailleurs attribuées automatiquement lors de l'admission, sur la base des résultats académiques.

La concurrence augmente, mais les portes sont ouvertes pour nos étudiants. L'essentiel — soumettre les documents correctement et à temps. Si vous envisagez les études au Canada comme voie vers l'immigration, inscrivez-vous pour une consultation sur les études — nous vous aiderons à choisir un programme et une université.

La concurrence dans Entrée express

Que signifie le partenariat indien pour tous les autres candidats ? La concurrence dans le bassin d'Entrée express dans les secteurs prioritaires va s'intensifier. Le Canada donne la priorité aux professionnels de la santé, ingénieurs, spécialistes de l'intelligence artificielle, travailleurs du secteur énergétique. Le partenariat indo-canadien crée des emplois précisément dans ces secteurs — énergie, minéraux critiques, technologies. Cela signifie — plus de postes vacants, mais aussi plus de concurrents.

Le score de passage dans Entrée express n'est plus le seul facteur déterminant. Les sélections par catégorie signifient qu'un candidat avec la « bonne » profession peut recevoir une invitation même avec un score plus faible. Si vous travaillez dans l'ingénierie, l'énergie, les technologies ou la santé — c'est votre avantage. Utilisez-le.

Les programmes provinciaux — l'outil principal

Dans le plan d'immigration 2026-2028, la part des nominations provinciales a considérablement augmenté. Ce sont 91 500 places record — une hausse de 66 % par rapport aux 55 000 places en 2025. Une nomination provinciale dans Entrée express ajoute 600 points, ce qui garantit pratiquement une invitation.

La Saskatchewan, dont l'industrie de l'uranium reçoit un puissant coup de pouce grâce à l'accord avec Cameco, pourrait élargir ses flux d'immigration. Si vous avez de l'expérience dans l'industrie minière, la physique nucléaire, l'ingénierie — regardez sérieusement du côté de cette province.

Outre les volets liés à Entrée express, il existe également des volets provinciaux indépendants avec des exigences simplifiées pour les candidats. Si auparavant vous ne regardiez que les programmes fédéraux — il est temps d'explorer les programmes provinciaux. Ce sont eux qui deviennent l'outil principal d'immigration pour ceux qui n'obtiennent pas suffisamment de points dans le bassin fédéral.

Si vous voulez comprendre quelle voie d'immigration vous convient — programme fédéral ou nomination provinciale — inscrivez-vous pour une consultation avec un consultant en immigration agréé. Ivanna Pavlenko vous aidera à évaluer vos chances et à choisir la stratégie optimale.

Une nouvelle réalité

Le monde change rapidement. Le Canada restructure ses alliances, ses liens commerciaux et son système d'immigration simultanément. D'abord la Chine — maintenant l'Inde. Ce qui semblait impossible il y a trois ans — l'amitié avec l'Inde après le scandale diplomatique — est devenu réalité. De la même manière, votre situation peut changer rapidement.

La concurrence s'intensifie. L'Inde renforce sa position comme principal fournisseur de main-d'œuvre pour le Canada. Mais pour les candidats russophones, les opportunités demeurent : les programmes provinciaux se développent, les sélections par catégorie ouvrent de nouvelles voies, et les universités canadiennes sont intéressées par les étudiants de nos pays. L'essentiel — agir tant que la fenêtre d'opportunité est ouverte.

  • #Partenariat canado-indien
  • #visite de Carney en Inde
  • #accord commercial CEPA
  • #accord uranifère de Cameco
  • +