La Chine propose au Canada une production conjointe de véhicules électriques
L'ambassadeur de Chine promet aux constructeurs automobiles canadiens de bons emplois et des voitures abordables dans un contexte de critiques du nouvel accord commercial.
L'ambassadeur de Chine au Canada, Wang Di, a déclaré que Pékin était prêt à collaborer avec les travailleurs canadiens de l'automobile pour créer de nouveaux emplois et produire des véhicules plus abordables. Cette déclaration intervient dans un contexte de critiques concernant l'accord récemment conclu entre les deux pays.
« Seule une coopération mutuellement bénéfique peut être durable », a souligné le diplomate lors d'un échange avec des journalistes mercredi.
Détails de l'accord
La semaine dernière, le premier ministre Mark Carney et le président chinois Xi Jinping ont signé un accord autorisant l'entrée de véhicules électriques chinois sur le marché canadien avec un tarif douanier de 6,1 pour cent. Le document établit un quota d'importation annuel allant jusqu'à 49 000 véhicules, dont la moitié devra avoir une valeur d'importation inférieure à 35 000 dollars d'ici 2030.
Wang a souligné, par l'intermédiaire d'un interprète, que de tels projets seraient bénéfiques pour le développement de l'industrie canadienne des véhicules électriques, stimuleraient la création d'emplois et permettraient aux consommateurs d'acheter des voitures de meilleure qualité et plus abordables.
Contexte du conflit commercial
En 2024, le Canada, aux côtés des États-Unis, a imposé un tarif de 100 pour cent sur les véhicules électriques chinois, accusant Pékin d'utiliser des subventions déloyales et de pratiquer le dumping sur le marché nord-américain. En réponse, la Chine a instauré des tarifs sur les importations agricoles canadiennes. Le nouvel accord prévoit un assouplissement des tarifs agricoles chinois en échange de l'accès des véhicules électriques au marché.
Critiques des provinces et des syndicats
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a qualifié l'accord de « deal déséquilibré » qui risque d'inonder le marché de véhicules électriques bon marché sans garantie d'investissements chinois et avec la menace de limiter l'accès des constructeurs automobiles canadiens au marché américain.
La présidente du syndicat Unifor, Lana Payne, a qualifié l'accord de « blessure auto-infligée » et a mis en garde contre une prise rapide de parts de marché par la Chine, comme cela s'est produit dans d'autres pays.
Position du côté chinois
L'ambassadeur Wang a tenté de rassurer les travailleurs de l'automobile de l'Ontario, affirmant que la coopération pratique entre les pays était de nature complémentaire et mutuellement avantageuse. Il a noté que la Chine encourage ses entreprises à investir au Canada selon les règles du marché, en espérant un environnement commercial juste et prévisible.
« Contrairement à certains autres pays, la Chine tiendra compte non seulement de ses intérêts égoïstes. Nous ne voulons pas d'une situation où 'nous sommes les seuls gagnants et les autres perdants' », a déclaré le diplomate.
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Une source gouvernementale haut placée a indiqué qu'Ottawa ne considère pas l'accord comme une menace économique, car il s'inscrit dans la stratégie d'une éventuelle production de véhicules électriques chinois directement au Canada.
Wenran Jiang, directeur du Forum canado-chinois sur l'énergie et l'environnement, a cité en exemple le géant canadien des pièces automobiles Magna International, qui a conclu un accord avec un constructeur automobile chinois pour produire des véhicules en Autriche. Selon lui, un modèle similaire est tout à fait applicable en Ontario.
Inquiétudes des analystes
Les critiques de la politique industrielle chinoise avertissent que les subventions gouvernementales ont créé un surplus de voitures bon marché capables de faire baisser artificiellement les prix et de favoriser la désindustrialisation. Margaret McCuaig-Johnston de l'Institut des risques stratégiques de la Chine a également exprimé son inquiétude concernant la menace de surveillance via les logiciels des véhicules électriques chinois, qui se connectent aux réseaux mobiles et aux téléphones des conducteurs.