Les immigrants croient davantage aux valeurs de leur nouveau pays que les Canadiens eux-mêmes
Un sondage a révélé que les nouveaux arrivants considèrent plus souvent que les Canadiens de souche les droits de la personne et l'égalité des sexes comme des valeurs canadiennes.
Selon les résultats d'un sondage inclus dans les documents d'information destinés à la ministre de l'Immigration Lena Diab, les immigrants sont plus nombreux que les Canadiens de naissance à percevoir le respect des droits de la personne et l'égalité des sexes comme des valeurs canadiennes communes. Ces documents ont été obtenus suite à une demande d'accès à l'information et ont été préparés pour la ministre lors de son entrée en fonction en mai dernier.
Résultats de l'étude de Statistique Canada
L'étude de Statistique Canada demandait aux participants d'évaluer s'ils considéraient les droits de la personne, le respect des lois, l'égalité des sexes, le bilinguisme, la diversité ethnique et culturelle, ainsi que le respect de la culture autochtone comme des valeurs typiquement canadiennes.
Pour chacun de ces points, la proportion d'immigrants ayant reconnu ces valeurs comme caractéristiques du Canada a dépassé celle des citoyens nés au pays. Les données ont été collectées dans le cadre d'un sondage général sur l'identité sociale en décembre 2022, mené d'août 2020 à février 2021 auprès de plus de 34 000 répondants, dont près de 14 000 immigrants ayant le statut de résident permanent.
L'étude a révélé que 67 % des immigrants arrivés au Canada à l'âge de 13 ans ou plus considèrent le respect des lois comme une valeur canadienne commune, alors que seulement 40 % des personnes nées au pays partagent cet avis. Les réponses des immigrants arrivés avant l'âge de 12 ans étaient plus proches de l'opinion des Canadiens de naissance.
Avis des experts
Lori Wilkinson, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la migration à l'Université du Manitoba, explique cette statistique par le fait que la cohorte plus jeune d'immigrants a grandi dans l'environnement canadien. Selon elle, plus les immigrants vivent longtemps au pays, plus ils adoptent les normes et valeurs canadiennes de la société qui les entoure.
Le sondage a également révélé qu'environ 58 % des immigrants sont satisfaits de leur vie, tandis que ce taux n'est que de 44 % chez les personnes nées au Canada. Il faut noter que l'étude a été réalisée pendant la pandémie de COVID-19, lorsque beaucoup de gens étaient obligés de rester chez eux en raison des mesures restrictives et faisaient face au chômage.
Daniel Bernhard, directeur général de l'Institut pour la citoyenneté canadienne, a souligné que ce résultat correspond aux recherches de son organisation. Les immigrants ont tendance à se concentrer davantage sur le potentiel de bien-être futur après les sacrifices personnels consentis pour s'installer au Canada. Tant qu'ils constatent des progrès, ils sont prêts à rester au pays, malgré la reconnaissance des difficultés d'adaptation et des défis économiques.
Satisfaction de vie et tendances actuelles
Bernhard a également confirmé que son institut a constaté un rapprochement des points de vue des immigrants avec ceux des citoyens de naissance à mesure que leur durée de résidence au Canada augmente. Wilkinson a suggéré que les taux de satisfaction dans l'ensemble de la population ont probablement diminué ces dernières années en raison de la hausse du coût de la vie et des problèmes non résolus d'accessibilité au logement et d'itinérance.
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Pour réaliser le sondage, Statistique Canada a envoyé des invitations à 87 000 ménages leur proposant de remplir un questionnaire électronique ou de participer à une entrevue de 45 minutes.
Impact sur le marché immobilier
Les documents d'information indiquent que les immigrants et les résidents non permanents jouent un rôle important dans la formation du marché immobilier canadien. Les immigrants stimulent la demande de logements en propriété et en location, tandis que les résidents temporaires influencent considérablement la demande de logements locatifs.
Les documents montrent que les immigrants sont plus susceptibles de posséder des duplex, des maisons en rangée ou des appartements, alors que les personnes nées au Canada possèdent principalement des maisons individuelles. Le gouvernement fédéral a lié la hausse du coût du logement à l'immigration, ce qui explique en partie la réduction du nombre de nouveaux résidents temporaires et permanents accueillis au Canada chaque année.
Bernhard a déclaré que le lien entre l'immigration et le logement est mal compris. Les prix des logements dans certaines régions ont doublé au cours des 10 dernières années, alors que la population n'a certainement pas doublé. Selon lui, les meilleures recherches de Statistique Canada estiment la contribution de l'immigration à la hausse du coût du logement à environ 10 %, ce qui n'est pas le facteur principal.
Un rapport de Statistique Canada de juin 2025 a montré que l'immigration représentait 11 % de la hausse des prix moyens des logements entre 2006 et 2021. Dans les municipalités de plus de 100 000 habitants, qui ont accueilli 80 % des nouveaux immigrants, ce taux a atteint 21 %.
Critiques et conséquences économiques
Wilkinson a exprimé son mécontentement quant à la façon dont les documents d'information décrivent l'impact de l'immigration sur le logement, notant l'absence de détails régionaux. Selon plusieurs sondages d'opinion publique, y compris gouvernementaux, environ la moitié des Canadiens estiment qu'il y a trop d'immigrants qui arrivent au pays.
L'experte a averti que la réduction prévue de l'immigration pourrait avoir un impact négatif sur l'économie canadienne. Par exemple, les étudiants étrangers dépensent 4 milliards de dollars par an, et réduire leur nombre de moitié entraînerait une diminution du PIB, cet impact étant ressenti de manière inégale à travers le pays.