Le Premier ministre Carney s'est rendu en Chine après huit ans de tensions
La première visite officielle du dirigeant canadien à Pékin depuis 2018 vise à rétablir les relations après des arrestations, des guerres commerciales et des accusations d'ingérence.
Le Premier ministre Mark Carney s'est rendu en Chine cette semaine dans le cadre des efforts du gouvernement pour normaliser les relations bilatérales après une longue période de tensions liées à des questions de sécurité nationale, de différends commerciaux et de détention de deux citoyens canadiens.
Le début du refroidissement des relations
En août 2016, le Premier ministre de l'époque, Justin Trudeau, a effectué sa première visite officielle en Chine, où il a rencontré le président Xi Jinping. Les deux parties ont convenu de tenir des négociations annuelles au plus haut niveau. Un an plus tard, en décembre 2017, Trudeau a effectué un deuxième voyage au cours duquel des accords ont été conclus pour poursuivre les négociations préliminaires sur un accord commercial global, une déclaration conjointe sur le changement climatique a été publiée et un accès élargi du bœuf et du porc canadiens au marché chinois a été obtenu.
L'arrestation de Meng Wanzhou et ses conséquences
Le tournant s'est produit en décembre 2018, lorsque la Gendarmerie royale du Canada a arrêté la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à son arrivée à Vancouver. L'Agence des services frontaliers du Canada l'a informée d'un mandat d'extradition vers les États-Unis pour des accusations de fraude liées à une prétendue violation des sanctions contre l'Iran par Meng et une filiale de Huawei, Skycom.
La Chine a immédiatement réagi en convoquant l'ambassadeur canadien pour protester. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères a exigé la libération de Meng, avertissant de "graves conséquences". Quelques jours plus tard, elle a été libérée sous caution de 10 millions de dollars et placée en résidence surveillée à Vancouver.
Le 10 décembre 2018, deux Canadiens ont été arrêtés en Chine : Michael Kovrig, en congé du ministère des Affaires étrangères du Canada, et l'entrepreneur Michael Spavor. Les autorités canadiennes ont considéré ces arrestations comme des représailles injustifiées pour la détention de Meng.
L'escalade des tensions
En janvier 2019, l'ambassadeur de Chine au Canada, Lu Shaye, a qualifié l'arrestation de Meng de "coup de poignard dans le dos" de la part d'un ami et a mis en garde contre des "conséquences" en cas d'interdiction de Huawei de participer au déploiement du réseau 5G canadien. En mars de la même année, Kovrig et Spavor ont été accusés d'avoir agi de concert pour voler des secrets d'État, et l'accusation officielle d'espionnage a été portée plus d'un an plus tard.
Parallèlement, deux grands producteurs canadiens de canola, Richardson et Viterra, ont signalé que la Chine refusait d'accepter leurs livraisons, invoquant la découverte de parasites dans les graines. Les observateurs canadiens ont perçu cela comme de nouvelles représailles pour l'arrestation de Meng. En mai 2019, l'ambassadeur chinois a déclaré que les relations bilatérales avaient atteint leur "point le plus bas" de toute l'histoire des relations diplomatiques.
Une période de réchauffement partiel
En février 2021, la Chambre des communes a officiellement reconnu la persécution de la minorité ouïghoure par la Chine comme un génocide, bien que le cabinet libéral se soit abstenu de voter. En septembre de la même année, une percée s'est produite : Meng a conclu un accord de report de poursuites avec le gouvernement américain, et les États-Unis ont retiré leur demande d'extradition. Le même jour, elle s'est envolée pour la Chine, et quelques heures plus tard, Trudeau a annoncé que Kovrig et Spavor étaient libérés et rentraient chez eux après plus de 1000 jours de détention.
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En mai 2022, la Chine a levé l'interdiction de trois ans sur l'importation de canola canadien de deux grands producteurs. Cependant, quelques jours plus tard, le Canada a interdit à Huawei de travailler sur les réseaux cellulaires 5G canadiens pour des raisons de sécurité nationale.
De nouveaux conflits
En novembre 2022, lors du sommet du G20, Xi a confronté Trudeau et l'a réprimandé après que les détails de leur rencontre sur l'ingérence étrangère aient été divulgués dans la presse. Le même mois, le Canada a publié sa première stratégie indo-pacifique, qualifiant la Chine de "force mondiale de plus en plus perturbatrice" aux intérêts et valeurs divergents de ceux du Canada.
En septembre 2023, le Canada a lancé une enquête publique sur l'ingérence étrangère dans le processus électoral, en se concentrant sur les actions de la Chine, de la Russie et d'autres acteurs étatiques lors des élections de 2019 et 2021. Le rapport final, publié en janvier 2025, n'a révélé aucun signe de modification des résultats électoraux globaux, mais a indiqué un petit nombre de circonscriptions où l'ingérence aurait pu avoir un effet.
Les guerres commerciales
En août 2024, Trudeau a annoncé l'imposition d'un droit de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois, invoquant des subventions injustes à l'industrie et une surproduction. Des droits de douane de 25 % ont également été imposés sur les produits sidérurgiques et en aluminium chinois. En réponse, la Chine a lancé une enquête antidumping sur les importations de canola canadien.
En mars 2025, un droit de douane chinois de 100 % sur l'huile de canola canadienne, le tourteau de canola et les pois est entré en vigueur. La Chine a également imposé un droit de douane de 25 % sur le porc et les fruits de mer canadiens. En août 2025, un droit de douane de près de 76 % sur les graines de canola canadiennes a suivi.
La voie vers la normalisation
Bien qu'en avril 2025, Carney ait qualifié la Chine de "plus grande menace pour la sécurité" du Canada, en septembre, il a déclaré qu'Ottawa devrait "définir plus clairement les domaines d'engagement" avec la Chine, notamment la coopération dans les domaines de l'énergie, du climat et de la production, tout en maintenant des mesures de sécurité.
Fin octobre, Carney et Xi se sont rencontrés en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique en Corée du Sud — c'était la première rencontre officielle entre chefs de gouvernement depuis 2017. Carney l'a qualifiée de "tournant" dans les relations canado-chinoises. Le 13 janvier 2026, Carney a quitté le Canada pour la première visite officielle d'un Premier ministre canadien en Chine depuis plus de huit ans.