Trump se prépare à enterrer le plus grand accord commercial d'Amérique du Nord
Après s'être emparé des ressources pétrolières du Venezuela, le président américain vise maintenant à rompre l'ACEUM, ce qui pourrait faire s'effondrer l'économie du Canada et de toute la région.
Le président américain Donald Trump a récemment annoncé que de grandes compagnies pétrolières américaines prévoyaient d'investir 100 milliards de dollars dans la reconstruction du secteur énergétique vénézuélien après la prise militaire de Caracas par les forces américaines. Dans ce contexte et face aux intentions de l'administration concernant le Groenland, riche en ressources, la probabilité d'un retrait des États-Unis de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) augmente.
Menace sur l'accord commercial
Cet accord, anciennement connu sous le nom d'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), a été pendant plus de trois décennies le pilier de l'intégration économique régionale. Il pourrait maintenant prendre fin dès le printemps 2026. Les actions du président continuent d'exercer une pression sur les démocraties occidentales, tout en sapant les garanties mondiales qui soutenaient les normes internationales.
L'ingéniosité et l'ouverture nord-américaines ont longtemps fait des envieux dans le monde entier, permettant au Canada, au Mexique et aux États-Unis d'obtenir des résultats impressionnants, en stimulant l'innovation technologique parallèlement à une base industrielle solide. Mais tout cela pourrait s'effondrer, à commencer par le principal accord commercial de la région.
Même avant les événements récents, le président avait déjà laissé entendre un éventuel retrait des États-Unis de cet accord important. Lors d'une interview au New York Times, à la question de savoir ce qui pourrait limiter ses pouvoirs mondiaux, Trump a répondu : « Oui, il y a une chose. Ma propre morale. Mon propre jugement. C'est la seule chose qui peut m'arrêter ». Il a également ajouté : « Je n'ai pas besoin du droit international... »
Conséquences économiques pour la région
Ces déclarations indiquent clairement que les traités, normes et garanties internationaux n'ont aucune importance pour la direction américaine. Le Canada, premier partenaire commercial de l'Amérique, avait été averti dès janvier, lorsque Trump a entamé son second mandat.
Selon un rapport du Council on Foreign Relations (CFR), un groupe de réflexion basé à Washington, les économistes s'accordent généralement pour dire que l'ALENA a profité aux économies nord-américaines. Le commerce régional a explosé durant les deux premières décennies de l'accord — passant d'environ 290 milliards de dollars en 1993 à plus de 1 100 milliards de dollars en 2016.
Les investissements transfrontaliers ont également considérablement augmenté : le volume des investissements directs américains au Mexique est passé de 15 milliards de dollars à plus de 100 milliards de dollars au cours de cette période. Dans les années qui ont suivi l'ALENA, les échanges commerciaux entre les États-Unis et leurs voisins nord-américains ont plus que triplé, progressant plus rapidement que le commerce des États-Unis avec le reste du monde.
La vulnérabilité du Canada
Le Canada a connu une croissance importante des investissements transfrontaliers à l'ère de l'ALENA : depuis 1993, les investissements américains et mexicains dans le pays ont triplé. Les investissements américains, qui représentent plus de la moitié du stock d'investissements directs étrangers au Canada, sont passés de 70 milliards de dollars en 1993 à plus de 368 milliards de dollars en 2013.
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L'agriculture a particulièrement bénéficié de cet élan. Le Canada est le principal importateur de produits agricoles américains, et le commerce agricole canadien avec les États-Unis a plus que triplé depuis 1994. Cependant, le Canada est devenu plus dépendant du commerce avec les États-Unis, comptant sur son voisin du sud pour 75 % de ses exportations.
D'autres pays à revenu élevé ont tendance à être beaucoup plus diversifiés, dépendant rarement d'un seul partenaire pour plus de 20 % de leurs échanges. Trump n'a pas hésité à utiliser cette dépendance comme levier, menaçant constamment de difficultés économiques si Ottawa ne faisait pas de concessions.
Aujourd'hui, ce n'est pas seulement le partenariat autrefois solide et l'accord commercial majeur qui a stimulé l'économie des deux côtés de la frontière qui sont menacés, mais l'indépendance même du Canada. La fin de l'ACEUM pourrait bien être le premier pas sérieux dans cette direction.