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L'Ontario prépare une réforme majeure du système d'immigration en 2026

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Neuf flux seront réduits à quatre avec une nouvelle logique de sélection et des contrôles renforcés des employeurs.

La province de l'Ontario prévoit de refondre complètement son système d'immigration provincial. La plupart des programmes actuels vont fermer, mais de nouveaux parcours pour obtenir la résidence permanente verront le jour dès 2026.

Cela a été rendu possible grâce à l'adoption du projet de loi 30 — une loi qui donne au ministre le pouvoir de modifier rapidement les flux migratoires sans avoir besoin d'un projet de loi distinct. La loi est déjà en vigueur depuis fin novembre 2025.

Pourquoi cette réforme

Après la fermeture du volet pour les métiers spécialisés suite à des fraudes, le gouvernement a audité l'ensemble du programme et est arrivé à la conclusion suivante : le système est surchargé, mal protégé et ne suit pas le rythme du marché du travail. Neuf volets vont devenir quatre, avec une logique de sélection totalement nouvelle.

La province ne se contente pas de modifier les volets — elle renforce les vérifications des employeurs et des candidats. Les offres d'emploi fictives et les expériences falsifiées seront désormais filtrées beaucoup plus rigoureusement.

Une réforme en deux étapes

Selon le projet de règlement, actuellement en consultation publique jusqu'au 1er janvier, la réforme se déroulera en deux phases. Le format et la logique seront très probablement conservés, mais certains critères — la langue, la liste des professions pour les sélections ciblées, les exigences pour les entreprises — pourraient changer.

Dans la première phase, trois volets existants pour les travailleurs avec offre d'emploi seront fusionnés en un seul grand volet comprenant deux catégories — pour les professionnels qualifiés et pour les métiers manuels.

Dans la deuxième phase, les volets habituels pour les diplômés universitaires et les sélections via le système fédéral Entrée express disparaîtront, mais trois nouveaux parcours verront le jour. L'un d'eux devrait être accessible sans offre d'emploi.

Aucune date officielle n'a encore été annoncée — l'Ontario parle d'une mise en œuvre progressive au cours de 2026. On s'attend à ce que la première phase démarre au cours du premier semestre, et la deuxième vers l'automne.

Phase un : nouveau volet pour les travailleurs

Trois volets d'immigration fusionnent en un seul — le volet pour les travailleurs avec offre d'emploi. Il comprendra deux catégories selon le niveau de qualification du métier.

La première catégorie — pour les professions de niveau TEER 0 à 3 (professionnels qualifiés : médecins, ingénieurs, informaticiens, gestionnaires, comptables). La deuxième catégorie — pour les professions de niveau TEER 4 et 5 (métiers manuels : aides-soignants, manœuvres, emballeurs, aides à la production, chauffeurs-livreurs, serveurs).

Le TEER est le système de classification des professions au Canada selon le niveau d'éducation, d'expérience et de responsabilité requis.

Catégorie pour les professionnels qualifiés

L'exigence principale — une offre d'emploi avec un salaire au moins égal au salaire médian pour la profession en Ontario. Le salaire médian, c'est le milieu de la distribution : la moitié des personnes dans la profession gagne plus, l'autre moitié gagne moins. L'offre doit être au minimum à ce niveau.

Le salaire médian dépend du code de profession spécifique et même de la région. Par exemple, pour les programmeurs en Ontario, c'est environ 75 000 $ CAD par an, pour les chefs de projet — environ 80 000 $ CAD, pour les infirmières — 65 000 à 70 000 $ CAD. Les chiffres actuels peuvent être vérifiés sur le Guichet-Emplois.

Exception : si le candidat est diplômé d'un établissement d'enseignement de l'Ontario au cours des deux dernières années, on lui permettra un salaire à la limite inférieure de la fourchette (en dessous du médian). Cela a été fait pour faciliter l'embauche de jeunes diplômés par les employeurs.

Deuxième exigence — l'expérience professionnelle. Il faut répondre à au moins l'une des trois options : avoir travaillé en Ontario pour ce même employeur pendant au moins 6 mois dans le poste proposé, avoir au moins 2 ans d'expérience dans cette profession au cours des 5 dernières années (au Canada ou à l'étranger), ou posséder une licence valide de l'Ontario pour une profession réglementée (médecins, infirmières, ingénieurs, électriciens).

Point important : si le candidat travaille déjà en Ontario depuis 6 mois chez l'employeur qui fait l'offre d'emploi, l'exigence de diplôme post-secondaire est levée.

Les employeurs devront soumettre les données via un portail spécial, donc sans le soutien réel d'un employeur, ce programme ne fonctionnera pas.

Catégorie pour les métiers manuels

La deuxième catégorie — pour les professions TEER 4 et 5. Auparavant, les possibilités d'immigrer via l'Ontario pour les métiers manuels étaient très limitées et uniquement pour une liste restreinte de professions. Maintenant, une vraie opportunité s'ouvre.

Exigence clé : le candidat doit avoir travaillé pour l'employeur en Ontario pendant au moins 9 mois dans le poste pour lequel on lui propose un emploi permanent. C'est une vérification d'honnêteté — le gouvernement veut s'assurer que l'emploi est réel et que l'employeur a vraiment besoin de l'employé.

Deuxième exigence — un niveau minimum d'anglais ou de français. Le niveau exact n'a pas encore été précisé, ce sera probablement CLB 4 à 6.

Techniquement, toutes les professions TEER 4 et 5 sont admissibles sans exception, mais la province effectuera des sélections ciblées. Cela signifie que seules les professions que la province jugera prioritaires en fonction des besoins du marché du travail seront invitées. Les priorités iront probablement à la construction, à la production, aux services de soins et à l'agriculture.

Obtenir simplement une offre d'emploi ne suffit pas — il faut que la profession et la région correspondent aux priorités de la province au moment de la sélection.

Parcours spécial pour les travailleurs de la construction

Les travailleurs de la construction qui sont membres d'un syndicat pourront immigrer selon une procédure simplifiée. Ils n'auront même pas besoin d'une offre d'emploi permanente d'un employeur spécifique — l'adhésion syndicale et la confirmation d'emploi suffiront.

Cela a été mis en place en raison de la pénurie catastrophique de travailleurs de la construction en Ontario. La province construit des logements à un rythme effréné, et il manque de main-d'œuvre.

Phase deux : trois nouveaux volets

Après le lancement du nouveau volet pour les travailleurs avec offre d'emploi, le gouvernement prévoit de fermer presque tous les autres programmes et d'en ouvrir trois complètement nouveaux.

Prévus à la fermeture : les volets pour les diplômés de maîtrise et de doctorat, tous les volets via le système de sélection fédéral (y compris le volet francophone). Le volet pour les métiers manuels a déjà été fermé en novembre.

Précision importante : le système fédéral Entrée express ne disparaît pas. Seuls les volets de nomination de l'Ontario issus du bassin de ce système disparaissent. Il ne sera plus possible de compter sur une invitation de l'Ontario via Entrée express — il faudra passer par les sélections fédérales directement ou utiliser le volet avec offre d'emploi.

Ce sera plus difficile pour les diplômés de l'Ontario sans offre d'emploi, car les volets pour diplômés disparaissent. En revanche, pour ceux qui travaillent déjà dans la province ou qui ont un poste TEER 4-5 avec une vraie expérience, une nouvelle possibilité s'ouvre au contraire.

Volet prioritaire pour les professionnels de la santé

Le premier nouveau volet — le volet prioritaire pour les travailleurs de la santé. Sa particularité : aucune offre d'emploi n'est requise.

Un médecin, une infirmière, un pharmacien ou tout autre professionnel de la santé détenant une licence peut obtenir une licence de l'Ontario et faire immédiatement une demande de nomination provinciale sans offre d'emploi d'un employeur spécifique.

L'Ontario connaît une pénurie colossale de personnel médical. Des millions d'habitants de la province ne peuvent pas trouver de médecin de famille, les hôpitaux fonctionnent avec une surcharge critique. Le gouvernement simplifie au maximum le parcours pour les professionnels de la santé.

Le programme sera également ouvert aux diplômés de programmes médicaux qui sont en phase finale d'obtention de leur licence. Une licence complète n'est pas obligatoire — il suffit d'être en cours de processus et proche de la fin.

Volet pour les entrepreneurs

Le deuxième nouveau volet — pour les entrepreneurs. Auparavant, il y avait en Ontario un programme d'immigration d'affaires, mais il a été fermé il y a plusieurs années. Il revient maintenant dans un nouveau format.

La différence clé : pas besoin de rédiger un plan d'affaires et d'attendre l'approbation avant de déménager. À la place, le candidat doit déjà gérer réellement une entreprise en Ontario.

Deux options : créer une nouvelle entreprise dans la province et la gérer activement, ou acheter une entreprise existante et la diriger.

La deuxième option suscite un intérêt particulier : la reprise d'entreprise. De nombreux propriétaires de petites entreprises au Canada vieillissent et souhaitent vendre leur société, mais ne trouvent pas d'acheteurs. Pour les immigrants qui rachèteront ce type d'entreprise, cela ouvrira la voie à la résidence permanente.

Les exigences concernant les investissements, le nombre d'emplois créés et les régions ne sont pas encore précisées. La logique est claire : la province veut du capital, des emplois et du développement économique, particulièrement dans les régions en dehors de Toronto.

Volet pour les talents exceptionnels

Le troisième nouveau volet est le plus original. Il n'y a pas de système de points ni de critères formels du type « tant d'années d'expérience » ou « tel niveau d'études ». À la place : une évaluation par des experts de vos réalisations et de votre potentiel.

La province recherche des personnes de niveau mondial dans les domaines de la science, de la technologie, de l'innovation, de la culture, de l'art et de l'entrepreneuriat. Exemples tirés du document officiel : un chercheur détenant des brevets et des subventions internationales, un artiste ou réalisateur primé dans des festivals internationaux prestigieux, le fondateur d'une start-up au succès mondial avéré, un scientifique avec des publications scientifiques importantes, des œuvres d'art reconnues ayant un rayonnement international.

Le ministre de l'Immigration de l'Ontario a déclaré que la province perdait des candidats précieux qui ne correspondaient pas aux programmes standards : un artiste talentueux sans diplôme universitaire, un entrepreneur autodidacte sans expérience professionnelle formelle, un scientifique avec des développements uniques mais sans offre d'emploi canadienne.

Ce volet n'est pas destiné aux « bons spécialistes », mais aux cas vraiment exceptionnels. Ce sera un flux restreint — seuls quelques-uns y accéderont, mais pour eux, ce sera la voie la plus rapide.

Qu'advient-il des demandes en cours

Le gouvernement n'a pas encore donné de réponse claire sur le sort des demandes déposées dans le cadre des programmes existants. Dans les documents officiels, il est écrit : les détails de la transition seront déterminés ultérieurement. Des règles transitoires pour les demandes déjà déposées sont possibles, mais elles n'existent pas encore.

Précédent récent : en novembre, le volet pour les métiers spécialisés via le système de sélection fédéral a été fermé, et toutes les demandes ont été retournées. L'argent a été remboursé, mais le temps et les efforts ont été perdus.

Le projet de loi 30 autorise explicitement la province à retourner les demandes si les priorités ont changé. C'est désormais un droit légal du gouvernement. Si votre demande est actuellement en cours de traitement, il vaut mieux préparer un plan B : améliorer vos points dans le système fédéral, chercher des employeurs, apprendre le français.

Que faire dès maintenant

Pour certains, les portes se ferment, mais pour d'autres, elles s'ouvrent au contraire. L'important est de ne pas paniquer, mais de s'adapter correctement.

S'il est possible de déposer une demande dans le cadre d'un programme existant avant sa fermeture, il faut le faire le plus rapidement possible. Tant que le programme existe, il y a une chance.

Les diplômés des collèges ou universités de l'Ontario doivent chercher un employeur de toute urgence, car les volets directs pour les diplômés vont être fermés. La seule voie sera une offre d'emploi.

Les professionnels de la santé devraient commencer le processus d'obtention de leur permis d'exercice dès maintenant. Le nouveau volet pour le personnel médical sera le plus rapide et le plus simple, mais un permis est nécessaire, et l'obtenir peut prendre un an ou plus.

Ceux qui travaillent au Canada avec un visa de travail dans une profession FEER 4 ou 5 doivent s'assurer qu'au moment du lancement du programme, ils auront 9 mois d'ancienneté chez leur employeur. Une véritable chance d'obtenir la résidence permanente se présente.

Les entrepreneurs devraient étudier le marché de l'Ontario : quelles entreprises peuvent être rachetées, dans quelles régions il y a des pénuries, quels secteurs sont prioritaires.

Si vous avez besoin d'aide pour élaborer une stratégie d'immigration adaptée aux nouveaux programmes de l'Ontario, prenez rendez-vous pour une consultation avec un conseiller en immigration.

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