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Le Canada révise les tarifs sur les véhicules électriques chinois

Le Canada révise les tarifs sur les véhicules électriques chinois

Le gouvernement envisage de supprimer la taxe de 100% en raison de la baisse des ventes de voitures électriques et de la pression des producteurs agricoles.

Le gouvernement canadien révise le tarif de 100% sur les véhicules électriques chinois introduit en octobre 2024. Cette décision pourrait changer radicalement la situation sur le marché automobile canadien, rendant les véhicules électriques plus abordables pour les consommateurs, mais créant aussi des risques sérieux pour l'industrie automobile nationale.

Chute spectaculaire des ventes de véhicules électriques

La principale raison de cette révision tarifaire est la baisse catastrophique des ventes de véhicules électriques au Canada. Selon Statistique Canada, les ventes de véhicules entièrement électriques ont chuté de 39,2% sur un an au deuxième trimestre 2025. Les ventes de hybrides rechargeables ont également baissé de 2,2%, bien que les hybrides classiques aient connu une hausse de 60,7%.

Les véhicules électriques n'ont représenté que 8,6% de toutes les nouvelles voitures vendues au deuxième trimestre, contre 18,3% au même trimestre de l'année précédente. Cette forte baisse est en grande partie due à la fin des programmes de subventions fédérales et provinciales pour l'achat de véhicules électriques en 2025.

Soutien public à la suppression des tarifs

Une étude de Nanos Research pour CTV News a montré que 62% des Canadiens soutiennent ou soutiennent partiellement la réduction ou la suppression du tarif de 100% sur les véhicules électriques chinois. Les résultats détaillés du sondage montrent que 29% des répondants soutiennent pleinement cette mesure, tandis que 33% la soutiennent partiellement. Seuls 29% des Canadiens s'opposent ou s'opposent partiellement à une telle décision.

Le soutien à la réduction des tarifs est particulièrement compréhensible au vu de la situation des prix sur le marché. Actuellement, il n'y a pratiquement pas de véhicules électriques au Canada coûtant moins de 45 000 $ CAD, alors que certains modèles chinois, comme la BYD Seagull, ont un prix de base d'environ 18 500 $ CAD avant l'application des tarifs et des frais de transport.

Position officielle du gouvernement

Le ministre de l'Agriculture, Heath MacDonald, a confirmé que la révision des tarifs est en cours d'examen :

"Le Premier ministre a effectivement dit qu'un examen de la politique sur les véhicules électriques est en cours. Nous verrons où cela nous mène... les discussions se poursuivent".

Il est important de noter que la décision de supprimer ou de réduire les tarifs est envisagée non seulement dans le contexte de l'industrie automobile, mais aussi dans le cadre d'une stratégie commerciale plus large. En réponse aux tarifs canadiens sur les véhicules électriques, la Chine a imposé des tarifs de 100% sur la farine de colza, l'huile de colza et les pois canadiens, ainsi que des tarifs plus bas sur d'autres produits d'exportation clés.

Impact sur le secteur agricole

Le Canada a exporté du colza et des produits connexes vers la Chine pour une valeur de 4,8 milliards de dollars canadiens en 2024, et est également un important fournisseur de soja, d'orge, de pois et de viande. La suppression des tarifs sur les véhicules électriques chinois pourrait aider les agriculteurs canadiens à accéder à l'un des plus grands marchés mondiaux.

Le ministre MacDonald a souligné :

"Nous sommes dans une position délicate, mais nous sommes là avant tout pour soutenir les agriculteurs, et si une telle décision doit être prise, elle le sera".

Impact sur les constructeurs automobiles traditionnels

La suppression des tarifs sur les véhicules électriques chinois aura un impact important sur les ventes des constructeurs automobiles traditionnels au Canada. Les marques américaines Ford, General Motors et Chrysler, qui connaissent déjà des difficultés dans le domaine des véhicules électriques, seront particulièrement vulnérables.

Tesla, qui était le leader du marché canadien des véhicules électriques, subit déjà une forte pression. Les ventes de Tesla au Canada ont fortement chuté après que l'entreprise a augmenté ses prix suite à la suppression du programme de subventions. De plus, l'attitude négative des Canadiens envers Elon Musk en raison de ses liens avec Donald Trump a encore détérioré la position de la marque.

Les constructeurs japonais Toyota et Honda pourraient également souffrir, surtout compte tenu de leur développement lent dans le domaine des véhicules électriques. Honda prévoit de proposer un véhicule électrique basé sur la plateforme GM Ultium en 2024, mais cela pourrait ne pas suffire pour concurrencer les modèles chinois bon marché.

Les constructeurs coréens Hyundai et Kia pourraient être mieux positionnés grâce à leur gamme de véhicules électriques déjà développée et à leurs prix compétitifs, mais ils devront également faire face à une forte pression sur les prix de la part de leurs concurrents chinois.

Avertissements de l'industrie automobile

Malgré les avantages potentiels pour les consommateurs et l'agriculture, les représentants de l'industrie automobile expriment de sérieuses inquiétudes. Brian Kingston, président et directeur général de l'Association canadienne des constructeurs de véhicules, a déclaré que les tarifs sur les véhicules électriques chinois étaient "absolument" la bonne décision.

Kingston a averti :

"La Chine a la capacité de produire près de 80% de la demande mondiale de voitures. Il existe un énorme risque si ces voitures inondent le marché canadien". Il note que le Canada a attiré plus de 61,2 milliards de dollars canadiens d'investissements dans l'industrie des véhicules électriques depuis 2020, et que l'admission des véhicules électriques chinois pourrait mettre ces investissements en danger.

L'expérience mexicaine comme avertissement

Les experts citent l'exemple du Mexique, où il y a cinq ans, les véhicules électriques représentaient environ 4% des ventes de voitures, et maintenant c'est environ un tiers des nouveaux véhicules, ce qui a poussé le Mexique à augmenter le tarif sur les véhicules électriques chinois de 20% à 50%. Cet exemple montre à quelle vitesse les constructeurs chinois peuvent conquérir le marché en l'absence de barrières commerciales.

Une situation similaire s'observe dans d'autres régions du monde. En Europe, Tesla fait déjà face à une forte concurrence de la part des marques chinoises. Les ventes de Tesla en Europe ont chuté de 40% en juillet 2025, tandis que les ventes du chinois BYD ont augmenté de 225% sur la même période. En Chine, la part de marché de Tesla dans les véhicules électriques est passée de plus de 16% en 2022 à seulement 4,3% en février 2025.

Conséquences potentielles pour les États-Unis

Il existe également des inquiétudes quant à une possible réaction des États-Unis. Les experts préviennent que la suppression des tarifs pourrait provoquer des mesures de rétorsion de la part des États-Unis, car cela pourrait menacer la position des grands constructeurs automobiles américains, qui n'ont pas encore fait face à une concurrence sérieuse de la part des constructeurs chinois de véhicules électriques.

Les constructeurs américains Ford et GM ont déjà exprimé leur inquiétude face à la concurrence croissante des entreprises chinoises. Ford estime les pertes liées aux investissements dans les véhicules électriques à hauteur de 7,3 milliards de dollars canadiens en 2023 et s'attend à une concurrence encore plus rude à l'avenir de la part des modèles Tesla plus abordables et des constructeurs automobiles chinois.

Perspectives économiques et alternatives

Julian Karagezian, économiste à l'Université McGill de Montréal, estime qu'il est temps de revoir les tarifs sur la Chine :

"Je pense vraiment que nous réfléchissons discrètement à l'assouplissement de certaines de ces mesures. Et je pense vraiment que nous devrions le faire".

Karagezian suggère que le Canada pourrait développer son industrie de véhicules électriques en invitant des constructeurs indiens et chinois aux côtés des opérateurs américains et européens à créer des usines au Canada. Il affirme que la position du Canada contre la Chine visait en grande partie à apaiser les États-Unis.

Situation actuelle du marché des véhicules électriques

La situation actuelle sur le marché canadien des véhicules électriques est caractérisée par plusieurs problèmes clés. Premièrement, le coût élevé des modèles disponibles — la plupart des véhicules électriques coûtent plus de 45 000 $ CAD. Deuxièmement, la fin des programmes de subventions a rendu l'achat de véhicules électriques encore moins abordable pour les Canadiens moyens.

Le Premier ministre Mark Carney a récemment suspendu l'objectif du gouvernement selon lequel 20% des ventes de nouvelles voitures en 2026 devaient être des véhicules à zéro émission. Un mandat plus large prévoyait que d'ici 2035, chaque nouvelle voiture vendue au Canada devrait être à zéro émission.

L'impact de la guerre commerciale avec les États-Unis

La situation est compliquée par la guerre commerciale actuelle entre le Canada et les États-Unis. Le président Donald Trump a imposé des tarifs sur les produits canadiens, y compris l'acier et l'aluminium utilisés dans la construction automobile. Cela crée une pression supplémentaire sur l'industrie automobile canadienne et pourrait influencer la décision sur les tarifs chinois.

De plus, l'attitude négative envers Elon Musk, dont les voitures Tesla étaient parmi les véhicules électriques les plus vendus au Canada, affecte également l'opinion publique. Certains politiciens proposent même d'imposer des tarifs de 100% sur les voitures Tesla en réponse aux actions de Trump et à la position de Musk.

Perspectives et scénarios possibles

La décision sur les tarifs des voitures électriques chinoises aura des conséquences importantes pour divers secteurs de l'économie canadienne. D'un côté, la suppression des tarifs pourrait stimuler les ventes de véhicules électriques, les rendre plus accessibles aux Canadiens et aider à atteindre les objectifs environnementaux du pays.

D'un autre côté, une telle décision pourrait nuire à l'industrie automobile canadienne en développement, en particulier dans le domaine de la production de véhicules électriques, où des investissements importants ont été réalisés par des entreprises comme Stellantis, LG Chem, Volkswagen, General Motors, Ford et Northvolt.

Le gouvernement n'a pas encore annoncé de calendrier précis pour prendre une décision finale sur cette question. Cependant, les discussions en cours et le soutien public à la suppression des tarifs suggèrent que des changements dans la politique tarifaire sont probables dans un avenir proche.

Quelle que soit la décision prise, la situation des tarifs sur les voitures électriques chinoises est un exemple frappant de la complexité du commerce international moderne, où les facteurs économiques, environnementaux et géopolitiques sont étroitement liés et nécessitent une approche équilibrée dans la prise de décision.

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